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Dans
l’esprit de nombreux carpistes, une bonne session doit forcément être
une session longue. Par obligation ou par choix, nombre d’entre nous
sont pourtant amenés à pratiquer des pêches rapides, de quelques heures
à un ou deux jours. L’approche est alors sensiblement différente,
puisqu’il faut toucher rapidement du poisson pour espérer faire sa
pêche.
Dans un premier temps parlons du choix du
poste. Celui-ci doit se faire si possible en connaissance de cause,
c'est-à-dire qu’il est préférable d’opter pour des zones de tenue
connues et clairement identifiées. Quand le temps compte, le concept de
« pêcher sur le poisson » prend encore plus de sens. Ce qui n’empêche
pas le moins du monde de laisser parler son instinct ! Pour l’exemple,
une de mes dernières sorties très productive en lac de barrage s’est
faite sur une zone que je « sentais »… mais qui a priori n’a rien
d’exceptionnelle : fond plat et uniforme, rien d’intéressant sur le
papier. Mais après une semaine de forte chaleur pour la saison, et avec
une activité générale sur « off », la météo tournait à la pluie et au
vent d’ouest. Dans ces conditions, inutile de tergiverser : il FAUT y
être ! J’ai alors choisi le poste le plus exposé au vent et à la pluie,
et particulièrement « ingrat » pour le pêcheur … surtout quand le niveau
d'eau très bas oblige à s’installer à découvert ! Bref un temps
exécrable, l’eau à la peau assurée, le brolly qui manque de s’envoler
toutes les 5 minutes, mais …. Les poissons sont là et bien là, j’allais
dire « comme prévu », malgré l’absence totale d’activité visible en
surface ! J’enchaîne alors en 8 heures de pêche l’équivalent des
résultats cumulés de bien des équipes sur toute la semaine passée. « Le
bon endroit au bon moment » me direz-vous ! Oui… Et c’est exactement ce
que permettent les pêches de journée : choisir. Une longue session
préparée à l’avance, calée sur une période de congés, oblige à « faire
avec » … avec les conditions météos, avec les postes disponibles, avec
l’activité des poissons. C’est certes intéressant car il y a challenge,
et qu’il faut se creuser la tête pour sortir son épingle du jeu. Mais
pouvoir sortir les cannes à l’instinct, dire "j'y vais" parce que
« c’est le moment », voilà une approche que j’apprécie et qui me réussi
plutôt bien.
Côté matériel, rien de révolutionnaire dans
mon sac qui se doit d'être léger, mais des produits de qualité maintes
et maintes fois éprouvés. Se dégager l’esprit de tout doute est
primordial, que ce soit d’ailleurs pour le matériel ou pour les appâts.
De ce côté-là je suis tranquille …
J’utilise
donc des hameçons à ouverture large et renforcés (Wide Gape X de Korda)
en taille 4 ou 6 selon la taille des appâts utilisés, auxquels je donne
un peu d’angle « agressif » avec de la gaine thermo. Mes bas de ligne
dans ces pêches à lancer (par opposition aux pêches à déposer,
souvent pratiquées en session longue) sont réalisés presque
systématiquement avec de la tresse gainée (rigide de préférence si le
fond le permet, de type hybrid stiff) dénudée sur les deux derniers
centimètres. Une astuce simple: je réalise un noeud sans nœud, et je
règle la longueur du cheveu
pour
une bille de 20mm en laissant un bon centimètre et demi entre la bille
et l’hameçon. De telle sorte qu’en utilisant ensuite des stop
bouillettes de type « extenda stop » de longueur différente je peux
varier à souhait les configurations d’eschage : deux billes denses ou un
bonhomme de neige de 20 avec un extenda grand modèle, une de 20 et une
de 14, deux billes de 14, voire 3 (ces petits chapelets sont très
preneurs !), etc. Je ne peux plus me passer de ces stop-bouillettes
magiques !
Il faut donc que ça pêche de suite, et que
je n’aie pas à monter des bas de lignes au bord de l’eau, surtout dans
des conditions météos comme celle de ma dernière sortie …
Pour
le reste de montage, rien de compliqué : une agrafe de qualité, un « protect
leader » que je préfère de plus en plus au lead-core, un plomb adapté à
la situation (avec gros vent de face un zip parfait, un « grippa » fera
mieux le job à courte distance), un flying back-lead (gros modèle) pour
plaquer la ligne à mi distance, puis un captive back-lead pour affiner
encore la discrétion et soustraire la bannière au vent, d’autant plus
que je pêche en tresse la plupart du temps. Et comme je pêche seul les
back-leads réduisent considérablement les chances de voir une carpe se
prendre dans les autres fils.
Pour ce qui est des appâts et de la
stratégie d’amorçage, là aussi il faut être serein et ne pas avoir à se
poser de question. Utilisant dans presque toutes les situations une
bouillettes excellente qui a toute ma confiance, je n’ai aucune raison
d’en changer ! Je sais alors que si ça ne mord pas, cela ne peut pas
venir des appâts (qui ont souvent bon dos dans les conversations pour
expliquer les succès comme les capots cuisants … comme on dit « il n’y a
pas de mauvais chasseurs, il n’y a que des mauvais fusils » …).
J’ajoute que je ne suis absolument pas
convaincu par les concepts d’appâts rapides (exception faite des pop-ups
alternative et des esches artificielles qui sont plus des leurres que des
appâts) par opposition aux appâts dit « lents », c’est à dire sensés
nécessiter une accoutumance. La bouillette que j’utilise la plupart du
temps (la Trigga) est souvent classée dans cette deuxième catégorie.
J’ai pourtant souvent constaté qu’elle est immédiatement acceptée sur
des eaux vierges comme sur d’autres plus pêchées.
 J’amorce
si possible à l’avance, et généralement deux jours avant si c’est
possible, avec un à deux kilos étalés largement sur la zone. Il s’agit
qu’elles y goûtent … Si je n’ai pas eu le temps d’amorcer à l’avance
(cela arrive régulièrement !), je « booste » un peu la zone avec du
pellet, par exemple en les faisant fondre depuis la veille dans du bait
soak complex pour en faire de boules propulsables à la fronde, ou en
utilisant mes spods, et je monte sur les bas de ligne de grosses
chaussettes solubles garnies de
billes
broyées au "Krusha" et de pellets. J’utilise peu les grosses boules de
« method » qui ont la fâcheuse tendance de rapporter beaucoup de brêmes
et de gros chevesnes (jusqu’à 4 kg et plus !) sur les eaux que je pêche,
c'est-à-dire en barrage.
En revanche j’apprécie cette méthode (sic) en plan d’eau, et
particulièrement en hiver lorsque les poissons blancs sont peu actifs.
Une base très odorante avec une pop-up de 12mm sur un bas de ligne très
court fait alors merveille.
Ceci
étant dit, je varie systématiquement la présentation de mes esches, avec
une préférence marquée pour les bonhommes de neige.
Sur 4 cannes, deux sont eschées de la sorte,
une avec une pop-up décollée de 2 à 5 centimètres, et une avec un
bouillette dense. On peut évidemment changer ces présentations en
fonction des résultats obtenus, mais on a rarement le temps de tirer des
conclusions fiables en terme de supériorité d’une présentation sur une
pêche d’une journée. Alors autant varier les plaisirs et les
possibilités de séduire le poisson de plus … peut-être même LE poisson !
Il
y a des multitudes de situations, le champ des possibles est immense, et
j’ai bien conscience de vous faire partager ici plus des observations
que des conseils à reproduire tels quels. Mais chaque expérience
partagée permet d’en apprendre un peu plus. Et cet article n’a pas
d’autre but.
Olivier
S.
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